Discours de Janine Bardonnet, présidente de Ma p’tite Ecole, à l’inauguration du musée des écoles de hameau du Morvan

Madame la Sous-Préfète,

Monsieur le Député,

Monsieur le Président du Conseil départemental et de la CCGLM

Madame le Maire d Montsauche-Les Settons,

Vous êtes, selon l’ordre protocolaire que l’Ecole de la République m’a appris à connaître et à respecter depuis mes premières leçons d’instruction civique reçues en ces murs quand j’y étais élève, vous êtes les premières et les premiers que je veux remercier pour l’aide apportée à la réalisation de ce projet.

Mais vous me pardonnerez si je veux tout de suite vous fondre dans la grande famille ici réunie pour que nous donions tous ensemble du sens à cette inauguration.

Madame la Sous-Préfète, quand je vois ici Claude Murena je me dis que vous êtes inscrite dans la chaîne de ces hauts représentants de l’Etat qui honorent avec patience (ici, 12 ans) les promesses de subvention d’un de leurs prédécesseurs, lequel me fit l’honneur de croire au projet, puis se fit un devoir de me guider – notamment vers la Fondation du Patrimoine que représente ici son délégué Bernard Saint-Arroman, dont je salue la présence – enfin me fit l’amitié de me soutenir en devenant un fidèle « adhérent de base ».

Monsieur Christian Paul, je sais que la dotation consentie sur votre réserve parlementaire ne doit rien à des critères fantaisistes ou obscurs. Elle résulte de la conviction partagée que nous servons aujourd’hui à travers ce projet de musée une Ecole qui a grand besoin d’être restaurée dans l’estime du public ; ce à quoi nous savons l’un et l’autre que pourra servir dans ce musée la référence distanciée, intelligente et raisonnée à son histoire.

A vous Monsieur Patrice Joly, que vos fonctions placent au plus près des soucis et du vouloir vivre d’une ruralité que vous défendez avec d’autant plus de conviction qu’il s’agit du Morvan, pays où nous avons grandi l’un et l’autre, bien sûr viennent avec vous tous les conseillers communautaires que je remercie, tous les services administratifs et techniques de la CCGLM que je remercie, mais avec vous aussi ce que je nommerai la 3ème dimension de l’inauguration :

Inaugurer c’est consacrer un patrimoine ( réussite architecturale dont je remercie Cyril Brûlé ) ; C’est l’ouvrir au public. C’est l’ouvrir aussi dans une dimension nouvelle et nous savons tous que devient indispensable aux Settons un pôle culturel, notamment ouvert aux artistes qu’inspire notre beau pays et complémentaire des activités et de la culture sportive qu’induit le le lac lui-même autour de sa base Activital.

A toi, Marie, toi que je tutoie parce que tu fais partie de la famille Education Nationale et parce que, maire d’une petite commune rurale, tu es si proche de la population qu’il me serait difficile de te vouvoyer, je veux dire merci parce que tu t’es inscrite toi aussi dans la lignée des conseils municipaux qui, avec lionel Thénault d’abord, ont accueilli gracieusement le musée pendant 10 ans, lui permettant de prendre assez de force pour rebondir dans les conditions nouvelles que lui offre ce bâtiment, en ce lieu touristique et au pied de sa grande sœur, la maison des grands lacs.

Ici, mention de gratitude particulière à Monsieur le Maire de Lacour d’Arcenay et à son conseil municipal qui, par l’intermédiaire de Roger Pynson, nous ont doté de l’essentiel de notre mobilier et matériel pédagogique de base.

Savez-vous que nous avons enrichi cette première dotation de trésors extraordinaires, tous donnés par nos visiteurs ? ( gens du pays, anciens élèves de nos écoles de hameau ou descendants de ces anciens élèves plus ou moins égayés dans toute le France ; ou même touristes qui, venus une fois, reviennent chaque année ). Cadeaux qui sont parfois de grande valeur commerciale et, toujours, de grande valeur affective ( le porte-plume apporté par une dame plus que centenaire, « la blouse d’instit.de mon père », le cahier de mon arrière-grand-père en 1882…)

Vous découvrirez ….

Vous comprendrez aussi qu’une telle mobilisation affective en permettant l’équipement du musée à peu de frais , que le bénévolat de nos guides, la mise à notre disposition de talents multiples ( peintures, menuiseries, couture… ), les cotisations et dons de nos adhérents, les souscriptions à la Fondation du Patrimoine, les achats à notre boutique, que tout cela nous ait facilité une participation financière importante à la restauration du bâtiment. Nous pouvons être fiers de cette réussite collective.

Ce n’est pourtant pas sur cela que je voudrais terminer : je vois dans la salle Alain et Gérard Lacoste, fils de « ma maîtresse » des années 1941 -1945, Mlle Lefèvre. Je vois Fabienne Andrieu et sa sœur, filles de Mlle Chigot, instit. de 1947 à 1952. Et puis, Nanou Goussot, fille de Mme Compain qui tint la classe pendant 25 ans et à qui j’aurais tant voulu donner les ciseaux pour qu’elle ait le bonheur de couper le ruban , mais.. qui nous a quittés en janvier dernier. Nanou, qui fut elle-même institutrice aux Settons jusqu’à la fermeture de l’école en 1987.

Si j’ajoute qu’il y a dans cette assemblée des camarades de classe qui, comme moi, apprirent à lire avec Mme Hardy, qui ouvrit l’école en 1928 et y prit sa retraite en 1941 ; Vous conviendrez qu’il y a dans cette salle beaucoup de témoins vivants de toute la dynastie des « maîtresses » qui enseignèrent ici entre 1928 et 1987 Quelle famille que celle de cette toute petite école, elle-même attachée à la grande famille de l’Ecole publique ! Celle dont il faut recomposer sans cesse l’adéquation à la société pour qu’elle reste le lieu fondateur du vivre ensemble dans les Valeurs de la République.